Vendredi 16 mars à 20h

cinéma Le Fresnoy - studio national des arts contemporains

entrée gratuite

#51 / L'enfant aveugle 1 et 2 

un film de Johan Van der Keuken

Pays-Bas


HERMAN SLOBBE (L'ENFANT AVEUGLE II) 
Pays-Bas | 1966 | 16mm | 29'


"Johan van der Keuken a réalisé un premier film de 24 minutes dans une institution d’enfants aveugles. Au cours du tournage, il remarque Herman Slobbe auquel il consacre un deuxième film. La forte personnalité d’Herman se double d’un rapport exceptionnel à la jouissance. Les aveugles apparaissent souvent comme des êtres introvertis, celui-ci s’éclate en permanence que ce soit dans une recherche sonore éperdue ou dans d’autres challenges. En bon cinéaste, Johan van der Keuken intègre la force d’un tel désir : Herman devient le reporter du film, change de rôle, n’est plus objet. Certainement l’un des films les plus forts, les plus justes de Johan van der Keuken."

 

 

 

L'ENFANT AVEUGLE de Johan van der Keuken
Pays-Bas | 1964 | num. | 24'

"Quelle perception un enfant aveugle a-t-il de la réalité ? Le cinéaste a passé deux mois dans un institut spécialisé aux Pays-Bas pour répondre à cette question. L’Enfant aveugle révèle un monde difficile à imaginer : la lutte continue de l’homme sans regard pour rester en contact avec la réalité. Pour rendre compte d’un tel handicap au quotidien, Johan van der Keuken trouve des équivalences formelles, soutenues par une bande son inventive. Une approche sensible qui refuse le pathos et nous reste en mémoire."

Emmanuel Bacquet, Vidéothèque de la MEP

Le critique, journaliste et scénariste de cinéma Jan Blokker interroge le jeune Van der Keuken pour l’émission télévisée "Filmvenster". Le réalisateur affirme notamment que, pour lui, le cinéma ne peut exister tout seul et doit refléter ce qui passe dans la société.

L'enfant aveugle 1 (Blind kind)
« J'étais venu à ce sujet par un bouquin publié par l'institution des aveugles où l'on décrivait la façon dont l'enfant aveugle se forme une réalité, une image du monde et - ce qui était assez impressionnant et même assez inimaginable - la façon dont il doit conquérir le monde à partir d'une position foncièrement égocentrique [...] Seul le touche ce que son corps peut toucher. Sur le plan pratique l'aveugle doit vivre dans un monde qu'il n'a pas collaboré à faire : un monde d'obstacles contre lesquels il se heurte, d'indications et de mouvements qu'il ne peut suivre, de signaux qui ne l'atteignent pas. Cette tension se nourrit d'un sentiment de dépendance et de pitié, que les gens obligeants peuvent suçoter comme un bonbon acidulé en guise de récompense. Cette pitié, les aveugles l'ont en sainte aversion. » (Johan Van der Keuken)

Herman Stobbe - L'enfant aveugle 2 - (Herman Slobbe - blind kind 2)
« Pour en revenir à mes deux films sur les enfants aveugles, le premier permettait de dégager quelques principes généraux et j'avais le sentiment qu'il faudrait un jour faire quelque chose de plus axé sur un personnage. Car les aveugles n'existent pas seulement en groupes, ils existent aussi en tant qu'individus, comparables à chacun d'entre nous. Ce cheminement vers des préoccupations sociales a dû se retrouver dans le second film, intitulé cette fois d'un nom propre "Herman Slobbe, l'enfant aveugle 2" : un garçon au moment de la puberté, qui doit se débattre avec son environnement pour se frayer un chemin, se faire une position, se créer un monde, pas seulement du point de vue de la perception, mais aussi du point de vue social. » (Johan van der Keuken)

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