Vendredi 27 mars à 20h

cinéma Le Fresnoy - studio national des arts contemporains

entrée gratuite

#59/ Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère…
Un film de René Allio - 2h05 - France - 1976 - 35mm

Le 3 juin 1835, Pierre Rivière, un jeune paysan normand de vingt ans, égorge à coups de serpe sa mère, sa sœur Victoire et son jeune frère Jules.
Il prend la fuite et erre plusieurs semaines dans les bois avant de se faire arrêter. A peine emprisonné, le meurtrier entreprend la rédaction d’un épais mémoire, texte d’une stupéfiante beauté, véritable autobiographie dans laquelle il expose les raisons qui l’ont conduit à son geste.

Découvert en 1971 par Michel Foucault , le mémoire de Pierre Rivière a inspiré à René Allio.

"Particulièrement fidèle au travail de Michel Foucault, René Allio ouvre son film sur les rapports légistes qui font état de la terrible violence des coups reçus par la mère, la sœur et le frère de Pierre Rivière. Entremêlant témoignages de villageois et premières dépositions du meurtrier, le film ne pose dans un premier temps que le cadre du drame (régional et social), ne donnant finalement que peu d’éléments sur la véritable nature des liens existant entre l’intéressé, ses victimes et les raisons de son acte. Mais Pierre Rivière s’empare d’un papier et d’un crayon pour raconter l’histoire de sa famille et tenter d’expliquer les circonstances d’un meurtre qu’il assume pleinement. 

 

Impassible, déterminé, d’une intelligence difficile à évaluer tant la banalité de sa condition tranche avec cette conviction d’avoir une destinée exceptionnelle, Pierre Rivière rappelle les héros de Bernanos (Mouchette dans L’Histoire de Mouchette, Donissan dans Sous le soleil de Satan) où l’âme humaine semblait soudainement y dévoiler à la fois son évidence et sa noirceur la plus insoutenable. Le parti-pris de René Allio d’user du jeu blanc pour Claude Hébert (qui prête ici ses traits à Pierre Rivière et que l’on reverra quelques années plus tard dans La Drôlesse de Jacques Doillon) renforce cette comparaison tant la quête presque mystique du jeune meurtrier rappelle l’univers de Bresson (et notamment du Procès de Jeanne d’Arc), l’un de ceux qui adapta avec le plus de brio les romans de Bernanos (Journal d’un curé de campagne, Mouchette)."

 

Critikat, octobre 2007

 

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