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Vendredi 8 février à 20h

cinéma Le Fresnoy - studio national des arts contemporains

entrée gratuite

En partenariat avec la saison du doc

#54/ BABOOSKA

Un film de Tizza Covi et Rainer Frimmel

Durée 100 min - 2005 - Digi -Beta - Autriche / Italie - Italien sous-titré en français

Les images de fêtes possèdent généralement un tel pouvoir mélancolique qu’on en arrive toujours à pressentir qu’au fond, toute festivité pourrait bien renfermer aussi son inverse : la complainte. Voici la complainte en même temps que la fête de Babooska. Ou la tristesse immanente au clown. Tout le film pourrait être regardé comme ça, comme une grande cérémonie, la cérémonie en l’honneur d’une jeune fille, artiste d’un cirque ambulant, nomade moderne qui a peur des orages et recueille les chiens abandonnés.

 

Elle a vingt ans. A la fin du film elle a vingt et un an. Les anniversaires, les feux d’artifices, les soirées dansantes, l’orage. Une autre image de fête, là dans la sorte de beauté scandaleuse du super huit, elle souffle encore les bougies, mêmes gestes pérennes, perpétuels, cette fois elle a sept-huit ans. On peut alors compléter les images qui suivraient : elle en aurait cinquante. Cent ans.

 

Une odyssée avec des épisodes tous plus minuscules et plus dramatiques les uns que les autres, et par exemple : mille babioles à ranger puis à déballer quand la caravane se déplace, dans l’évier la vaisselle, sur les étagères, une à une les petites figurines miniatures décoratives, les objets-riens, dans une danse patiente et absurde à la fois ; ou par exemple : il pleut. Il pleut sur les tentures et le chien s’est sauvé. Car toujours, il y a cette grande assiduité du ciel, des éléments mêmes pas diluviens qui leur tombent dessus.

 

Tout ça, la complainte et la fête, se confond à la toute fin, dans le numéro de hula hoop de Babooska, où le drame s’exaspère dans une image de nouveau toute modeste, sportive et quotidienne ; elle fait tourner les cerceaux autour de sa taille, de ses mains, sourire théâtral, bien en face, ce sourire en pleine figure, et elle salue, dans une nouvelle déclaration éclatante de cette grande « endurance à accomplir sa vie ». 

Marianne Pistone

 

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